LA TERRE DE FEU

 

 

DU  13 JANVIER AU 19 JANVIER 2015

La terre de feu est séparée en 2 par une ligne droite qui sépare l’Argentine et le Chili. L’Antarctique se trouve à 1.120 kms et le pôle sud à 3.800 kms.

De Punta Arenas  nous prenons un ferry, pour une traversée agréable, de 2 h au lieu des 2h30 à 4 h indiquées sur les guides, mais la mer était calme.

Nous arrivons à PORVENIR (signifie « avenir »). Les habitants sont d’origine croate fuyant les guerres d’Europe. Sur le bord du détroit on trouve un panneau indiquant : ARICA (frontière du Pérou) : 5.299 kms, SANTIAGO 3.248 et la Yougoslavie : 18.662 kms .

Nous sommes toujours au CHILI, vieux village aux maisons couvertes de tôle. Nous ne ferons qu’y passer pour aller voir les manchots empereurs

Route encore en ripio, qui ne nous paraissait pas trop mauvaise, pourtant notre pneu va éclater.

Nos 2 Bernard vont commencer à démonter et lorsque le mien veut prendre la roue de secours qui se trouve sous le véhicule, il n’y en a plus. Nous l’avons perdue, nous découvrirons par la suite que la barre qui le retenait était usée et a cédé. Nous n’avons rien entendu, ni senti lorsqu’elle est tombée.

Nous sommes bien embêtés, nos compagnons ont une roue de secours plus un pneu, qui va sur notre véhicule, ils vont donc prendre notre jante, leur roue et faire les 50 kms pour retourner à PORVERNIR.

Deux heures après, le changement de pneu est effectué et nous reprenons notre ripio en espérant bien que nous n’aurons plus de problème avec le pneu.

Nous partons donc pour voir des manchots empereurs, un peu plus loin

Il s’agit de la 2ème plus grande espèce de manchots (sur un total de 18). Ils mesurent en effet 60 à 70 cm, alors que les manchots de Mangellan, vus à VALDES mesurent 45 cm. Les Pingüinos Rey sont arrivés ici il y a 8 ans et y viennent s’y reproduire chaque année. Ils trouvent en effet de quoi se nourrir dans les eaux de la baie et du détroit de Magellan. La population est d’environ 70 animaux. Ils sont majestueux et la couleur orange de leur bec et de leur cou est éclatante. Nous sommes à la période où, comme chaque année, ils muent et changent leur plumage. Ensuite, les couples vont se former avant de se reproduire.

Nous dormirons devant le site.

Voilà une photo de l’entrée. C’est un lieu privé, les propriétaires ont eu de la chance qu’ils atterrissent ici. Comme vous voyez l’entrée n’est pas très reluisante, ils auraient pu faire un effort à 15 E l’entrée !!!!

Nous voulions  continuer notre route dans le sud, mais malheureusement la frontière qui se trouve en bas n’ouvre que le 21 janvier et avec notre histoire de pneu, nous n’avons pas trop envie de rallonger notre voyage en Terre de Feu sur des routes aussi mauvaises.

 Nous prendrons donc la frontière à SAINT SEBASTIEN, des bus et un peu de voitures, mais tout va se passer relativement vite, les douaniers argentins nous font circuler sans nous arrêter (juste les formalités d’entrée pour les passeports et la voiture)

Ensuite encore la pampa mais dans les champs de pompes à pétrole entre lesquels paissent les moutons. La région vit essentiellement de l’industrie pétrolière et possède bien sûr la raffinerie la plus australe du monde. Ils exploitent également le gaz.

Nous arrivons à RIO GRANDE 70.000 habitants, capitale de la région, où le vent souffle toute l’année durant. 2 activités principales : le pétrole et l’élevage des moutons. La ville est propre, de larges avenues.

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A 12 kms se trouve l’estancia qui possède le plus grand hangar de tonte de moutons du monde. En saison, il y a jusqu’à 40 tondeurs, la vitesse de tonte est de 2 minutes par animal.

 Nombreux monuments en hommage aux soldats morts pendant le conflit des Malouines.

Nous sommes allés au concessionnaire FORD pour trouver une jante, et il nous a dit qu’il ne travaillait pas avec Ford USA et qu’il fallait se rendre à BUENOS AIRES pour l’obtenir .

 Nous décidons donc de rouler sans roue de secours. Simplement avec un pneu de rechange. Bernard et Anita nous propose de faire encore un bout de route avec eux pour nous dépanner éventuellement si nous avions une crevaison. Ils doivent prendre leur avion pour un retour en France le 16 février et remontent la côte atlantique, comme nous qui allons à BUENOS AIRES.

Changement de pneus chez Pirelli (200 E de plus qu’au Chili), je confirme que la vie ici est équivalente à celle en France voir plus chère.

Nous partons ensuite à USHUAIA, ville de 57.000 habitants, tout y est importé. Tout vient par bateau et par avion. La vie (sauf l’essence) est donc encore plus chère.

Ville  la plus australe du monde, mais selon les Chiliens, ce serait faux : ce serait Puerto Williams; pour les Argentins, Puerto Williams n’est pas une ville car elle n´est pas reliée au gaz … lutte nationaliste ridicule qui a de beaux jours devant elle .

 Les avantages de la région sont grands : les travailleurs ne paient pas d’impôts sur le revenu, le salaire (extra pour vivre en zone défavorable) est plus élevé que dans le reste du pays, retraite après  « 25 hivers travaillés » et correspondant à près de 90% salaire initial.

Le climat y est rude toute l’année. Les basses températures sont supportables, mais le fort vent et les journées d’hiver très courtes (jour de 10h à 16h) rendent la vie parfois déprimante. Les gens passent à cette époque de l´année beaucoup de temps enfermés chez eux. De nombreuses personnes ne s´accommodent pas et quittent la ville, le taux de dépression et l’alcoolisme sont élevés.

Bagne jusqu’en 1947, zone franche ensuite et promotion du tourisme actuellement. Elle est blottie au creux d’une baie.  Actuellement, à 23 h il fait encore jour et le matin le soleil se lève un peu avant 5 heures. Je vais mettre un cache sur mes yeux pour dormir dans le noir.

La région est sous la neige de juin à octobre, tous les matins avant de pouvoir sortir de chez soi, il faut enlever 50 cm de neige à la pelle, soit une heure de travail ! De juin à octobre les skieurs olympiques viennent s’y entraîner, si bien qu’il y a du monde un peu toute l’année (d’après les dires d’un habitant).

En arrivant, nous sommes un peu surpris de cette ville du bout du monde qui pourrait être magnifique, mais l’ensemble des containers tout le long de la baie gâche ce site merveilleux. On ne peut pas dire que la ville soit belle, elle semble faite de bric et de broc.

Beaucoup de touristes et de gros bateaux de croisières qui se rendent en Antarctique (de 7.000 à 45.000 E pour faire le voyage de 13 jours à 1 mois, pas pour nous). De toute façon ils sont pleins….

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Nous nous contenterons d’une excursion de 4 H dans le canal de Beagle, où nous pourrons voir :

la vue de la ville

Au premier arrêt du bateau, des cormorans

2ème arrêt des lions de mer

3ème arrêt le phare du bout du monde

décrit en 1905 dans un roman de Jules VERNE qui pourtant n’est jamais allé en PATAGONIE. Mais en réalité il s’agit du « Phare des éclaireurs »,  mais il n’a pas pu éviter le naufrage d’un navire sous pavillon allemand qui y coula sans faire de victimes parmi les 1550 passagers, seul le capitaine fut porté disparu.

Et une balade d’une heure sur l’île Bridges

végétation de l’île

L’après midi les femmes font les magasins et le soir pour changer un peu resto dans le plus vieux établissement de la ville

Le lendemain, nous irons au Parc National de la Terre de Feu. Grandes surfaces de marécages et de tourbières, l’endroit est couvert de forêt où se développent des mousses et des lichens qui pendent en voiles légers aux branches des arbres

En randonnant nous verrons des barrages à castors, 50 ont été importés en 1946, aujourd’hui il y en a des milliers. Véritable fléau, ils ont obstrué les rivières, provoqué des inondations, noyé des forêts dont nous ne voyons plus que des troncs morts.

Nous continuons, nous les femmes encore une heure de randonnée dans la forêt où nous verrons encore une castoreria, des moules, le phare qui sépare l’argentine du Chili avec juste une corde interdisant le passage, sur le bord du lac. (Remarquez aussi la couleur de la pierre)

Nous bivouaquerons au bord d’une rivière dans un camping libre, près du rio LAPATAIA

Le lendemain nous reprenons la route pour la ville d’USHUAIA

Quelques photos prises dans la ville

Puis départ, Bernard souffre du vent

Nous passons devant la plus australe et la plus grande  station de ski de la Terre de Feu, il y a 15 pistes et l’été, les futurs champions olympiques européens viennent s’y entraîner .Je précise que les télésièges sont munis d’un pare-vent transparent.

Quelques photos prises sur la piste en allant vers RIO GRANDE où nous dormirons à la station service pour avoir du wifi.

Pour aller en Argentine nous devons traverser la région chilienne de la Terre de Feu, c’est-à-dire 2 fois la douane avant d’arriver sur la RN3 qui nous emmènera à BUENOS AIRES.

Il y a très peu de voitures sur cette piste de fin du monde. Le poste frontière à SAN SEBASTIEN se passe encore bien. Même pas de visite du camion. Il nous reste encore 250 kms.

Une vingtaine de kms avant le ferry, le pneu avant de la LAND ROOVER va éclater, nous venons juste de quitter la piste. Heureusement Bernard (lui) a une roue de secours, le changement est fait relativement vite.

Nous apprendrons par la suite que nous ne sommes pas les seuls à éclater sur ce mauvais ripio de la Terre de Feu, un camping-car à côté de nous vient de  nous dire qu’il lui était arrivé la même chose au même endroit.

C’est une caravane sur la piste :

Puis ferry pour 20 mns avant de rejoindre le continent. De petits dauphins de Commerson noirs et blancs   suivent le bateau.

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10 kms plus loin la frontière et nous serons en ARGENTINE

Et encore un petit aperçu de ce qui va nous arriver juste après la frontière

mais la suite de nos aventures  vous la lirez dans le prochain blog.

 

 

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7 réponses à LA TERRE DE FEU

  1. Monique et Jean dit :

    Cela devient haletant……jusqu’où iront-ils ?
    Quelle distance avez-vous parcourue depuis votre arrivée ?
    Nous vous suivons.
    Bises

  2. chris.altmann dit :

    je suis votre voyage sur la carte de l’amerique du sud et là vous êtes en bas de l’amerique mon dieu c’est incroyable beau mais aussi périlleux que de beaux souvenir et histoires que vous allez nous racontés pour votre anniversaire avez vous une idée ? bisous

  3. MARIN Evelyne et Daniel dit :

    L’aventure c’est l’aventure ! avec ses moments tranquilles mais aussi ses tourments et là vous avez été gâtés ! Heureusement que vos amis ont pu assurer ! Nous vous souhaitons meilleures routes pour les jours à venir et vous faisons de gros bisous !!!
    EVELYNE et DANIEL

  4. Serge Daboussy dit :

    Salut les aventurier ,j’espère que les galères sont terminées ,Bernard ça change des Caraïbes ?
    BiZZZZZZZZZZ
    Serge

  5. MESNIL Gisèle dit :

    merci de nous faire ainsi participer de loin à votre voyage. C’est très intéressant. Dommage quand même pour ces galères mécaniques, mais bon cela fait partie de l’aventure. Profitez en bien. BON ANNIVERSAIRE GEGE , nous pensons bien à vous

  6. prom6743 dit :

    Bonjour à tous les deux,

    Nous sommes bien le 28 janvier et nous ne voulons pas manquer de te souhaiter un bon anniversaire; changement de dizaine en plus, heureusement tu restes toujours aussi jeune!!!!! Nous te souhaitons de poursuivre votre périple que nous suivons à distance et sur des routes carrossables!!!! Merci pour les récits périodiques, nous les lisons avec grand intérêt. Ici, rien de particulier, toujours le même train-train, temps pluvieux, pas froid mais gris. Bon, pour fêter ton anniversaire ce n’est que partie remise, nous en profiterons à votre retour estival. Bonne journée à tous les deux, bises. Amitiés à Bernard.

    Marianick et Roger.

    • edith dit :

      coucou Gégé cette fois ci c’est le bon jour BON ANIVERSAIRE Gégé, vos photos sont magnifiques
      c’est une grand plaisir de vous suivre, bon quelques ennuis, cela fait partie du voyage….j’attends toujours la suite avec impatience, MERCI gros bisous edith

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